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Marché du travail 2026 : les chiffres qui poussent les TPE/PME à former plutôt qu'à recruter

Par Akol Formation5 min de lecture

Il y a une bonne nouvelle dans les derniers chiffres du marché du travail. Et un piège juste derrière.

La bonne nouvelle : recruter est un peu moins compliqué qu’il y a deux ans. Le piège : ce n’est pas parce que les compétences sont revenues sur le marché. C’est parce que les entreprises embauchent moins. Pour un dirigeant de TPE ou de PME, la différence est loin d’être théorique — elle change la façon d’arbitrer entre « je recrute » et « je forme ».

Ce que disent les chiffres du marché du travail 2026

L’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) 2026 de France Travail recense 2,275 millions de projets de recrutement, en baisse de 6,5 % par rapport à 2025. C’est le deuxième recul consécutif, même s’il est deux fois moins brutal que celui de l’année précédente (-12,5 %). Seuls 23 % des établissements prévoient d’embaucher.

Dans le même mouvement, la part des recrutements jugés difficiles passe à 43,8 %, contre 50,1 % en 2025 (source : France Travail, enquête BMO 2026). Moins d’un projet sur deux : la tension se détend, statistiquement.

Sauf que ce chiffre est un ratio. Quand le nombre de projets diminue et que les plus difficiles sont les premiers à être abandonnés ou reportés, le taux baisse mécaniquement. Les métiers en tension le restent : le BTP affiche encore 65 % de recrutements anticipés comme difficiles. Et ce sont les petites structures qui portent le gros de l’effort — deux tiers des projets de recrutement se concentrent dans les TPE et PME, avec un recul de 6,5 % chez les entreprises de moins de 10 salariés.

Traduction concrète : sur un poste qualifié, un gérant de TPE se retrouve toujours face aux mêmes murs — pas assez de candidats, ou des profils qui ne collent pas au besoin réel.

En parallèle, l’argent public de la formation se resserre

Deuxième signal, moins commenté mais tout aussi structurant. Le budget 2026 de France compétences — l’instance qui répartit les fonds de la formation professionnelle et de l’alternance — a été arrêté à 12,724 milliards d’euros, soit un recul de l’ordre de 1,5 milliard par rapport à 2025. C’est la première baisse depuis la création de l’établissement, et elle a été votée contre l’avis des partenaires sociaux.

Les deux postes les plus touchés sont l’apprentissage (8,2 milliards contre 9,3 en 2025) et le CPF, qui tombe à 1,31 milliard contre 1,96 milliard l’année précédente. Le Compte personnel de formation, celui que vos salariés mobilisent eux-mêmes, voit donc son enveloppe nationale se contracter fortement.

Ce que cela veut dire pour vous : compter sur le CPF de vos collaborateurs pour couvrir les besoins de compétences de l’entreprise devient un pari plus fragile. Le financement par l’employeur, via votre OPCO et votre plan de formation, reprend du poids relatif. Les modalités exactes — priorités, taux, forfaits — varient d’un OPCO à l’autre et évoluent régulièrement : c’est votre conseiller OPCO qui doit vous les confirmer pour votre branche, personne d’autre.

Et non, ce n’est pas une raison de se précipiter sur n’importe quelle formation avant une date couperet. C’est une raison de planifier au lieu de reporter d’un trimestre sur l’autre.

Le vrai angle mort : les TPE forment peu

C’est là que les chiffres deviennent gênants. Selon l’enquête Formation Employeur, coproduite par le Céreq, la Dares et France compétences (résultats publiés en octobre 2025), seule une TPE sur quatre a formé au moins un de ses salariés sur l’année observée. Les très petites entreprises représentent 84 % des employeurs du secteur privé et 23 % des salariés — mais 10 % seulement des salariés formés.

Fait intéressant : les TPE qui forment ne font pas les choses à moitié. On y compte en moyenne 40 heures de formation par stagiaire, contre 27 heures dans les entreprises de plus de 50 salariés. Le problème n’est pas l’intensité, c’est le passage à l’acte.

Chez Akol, nos plus gros concurrents ne sont pas nos confrères, mais bien les excuses de ne pas passer à l’acte : Pas le temps, pas de besoins, pas le moment, pas confiance etc ….

Trois questions que se posent les dirigeants

« Former mon équipe coûte-t-il moins cher que recruter ? » Sur un besoin de compétence ciblé, souvent oui. Un recrutement raté sur un poste qualifié se compte en mois de salaire, de temps managérial et d’activité freinée. Une formation courte prise en charge par l’OPCO — selon votre OPCO, votre effectif et votre éligibilité — se compte en jours.

« Est-ce que mes salariés en veulent vraiment ? » Les usages avancent plus vite que les compétences. Le baromètre Phygital Workplace 2026 relève que 62 % des salariés utilisent l’IA au travail, contre 38 % en 2024. Vos équipes s’en servent déjà, la plupart du temps sans cadre ni méthode. Former, ici, c’est surtout reprendre la main.

« Mon secteur est en tension, ça ne changera rien ? » Justement : dans un métier en tension, la personne que vous cherchez est déjà employée ailleurs. Faire monter en compétence un salarié déjà en poste, qui connaît vos clients, est souvent le chemin le plus court — et un vrai argument de fidélisation.

Par quoi commencer

Trois actions, dans cet ordre : listez les deux ou trois compétences qui vous manquent réellement pour tenir vos objectifs des douze prochains mois ; identifiez qui, dans l’équipe, peut les porter ; appelez votre OPCO pour vérifier ce qui est mobilisable dans votre cas.

Les chiffres de 2026 racontent tous la même histoire : le marché du travail ne va pas résoudre votre problème de compétences à votre place, et les enveloppes publiques ne s’élargissent pas. Le levier qui reste sous votre contrôle, c’est l’équipe que vous avez déjà.

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